Gabon/ Sport : Rejeté par Libreville, Anthony Da Silva prend les commandes au Mali pendant que les Panthères tournent en rond

Le football africain n’attend personne. Pendant que certaines nations bâtissent méthodiquement leur avenir sportif, le Gabon semble enlisé dans des hésitations sans fin. La nomination d’Anthony Da Silva à la tête des Aigles du Mali vient rappeler avec brutalité les limites d’un système qui peine à prendre des décisions stratégiques au bon moment.

Le technicien franco-portugais figurait pourtant parmi les trois profils retenus par la Fédération Gabonaise de Football (FEGAFOOT) pour succéder au banc des Panthères. Mais selon plusieurs sources, sa candidature n’aurait pas reçu l’aval du ministère des Sports, qui aurait estimé son palmarès insuffisant pour conduire la sélection nationale.

Quelques semaines plus tard, le Mali lui confie pourtant l’une des sélections les plus ambitieuses du continent. Une équipe régulièrement présente dans les grandes compétitions africaines, dotée d’un réservoir de talents reconnu et d’une vision sportive clairement assumée. Un choix qui contraste fortement avec les tergiversations observées du côté gabonais.

Au fond, le débat dépasse largement le cas Anthony Da Silva. Il pose une question beaucoup plus dérangeante : pourquoi le Gabon donne-t-il constamment l’impression d’arriver après tout le monde lorsqu’il s’agit de préparer l’avenir de ses équipes nationales ?

Depuis des mois, le dossier du sélectionneur des Panthères semble prisonnier d’un interminable circuit administratif. Les noms se succèdent, les rumeurs se multiplient, les consultations s’éternisent, mais aucune décision définitive ne vient éclairer l’opinion publique. Pendant ce temps, les techniciens ciblés poursuivent leur carrière et répondent aux sollicitations d’autres fédérations plus réactives.

Cette situation interroge également sur les critères qui guident réellement les choix des autorités. Le palmarès est-il devenu le seul baromètre de compétence ? Dans un football moderne où plusieurs sélections africaines progressent grâce à des bâtisseurs capables de structurer un projet sur plusieurs années, cette lecture apparaît parfois réductrice.

Le plus inquiétant demeure toutefois l’absence d’anticipation. Les éliminatoires, les compétitions internationales et les objectifs sportifs ne se préparent pas dans l’urgence. Ils se construisent. Or, pendant que le Mali avance, que le Maroc investit, que la Côte d’Ivoire consolide ses acquis et que d’autres nations se projettent déjà vers les prochaines échéances, le Gabon continue de chercher son cap.

L’histoire d’Anthony Da Silva est peut-être anecdotique. Mais elle symbolise un mal plus profond : celui d’un football gabonais qui observe souvent les opportunités partir ailleurs avant de réaliser qu’elles existaient.

Et dans le football de haut niveau, ceux qui hésitent trop longtemps finissent toujours par regarder les autres gagner.

Par Jely

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