Elections/FEGAFOOT/CNOG: L’agrément technique, ou l’art de verrouiller le jeu.

Paul Ulrick Kessany, Ministre de la Jeunesse et des Sports

Il n’y a plus de place pour le doute. En suspendant le processus électoral à la Fédération Gabonaise de Football (FEGAFOOT) et au Comité National Olympique du Gabon (CNOG), le Ministre de la Jeunesse et des Sports, Paul Ulrich Kessany, n’a pas simplement pris une décision administrative: il a posé un acte politique fort, révélateur d’une volonté de contrôle assumée.

Car enfin, qui peut croire à une simple coïncidence? Pendant des semaines, le Ministère est resté silencieux sur la délivrance des agréments techniques, alors même que les délais avaient été respectés par certaines instances, notamment la FEGAFOOT. Un silence stratégique, soigneusement entretenu, qui trouve aujorud’hui tout son sens.

Le délai de six mois accordé aux associations sportives pour se mettre en règle, qui mènerait théoriquement jusqu’au mois de décembre, laisse entrevoir un calendrier électoral sous étroite surveillance. D’autant qu’un guichet unique, associant les Ministères des Sports et de l’intérieur, pourrait accélérer, et encadrer davantage, cette mise en conformité.

L’agrément technique n’est plus un outil de régulation. Il est devenu un instrument de tri. Un filtre. Mieux encore: une arme. Une arme qui permet de décider qui peut participer au jeu électoral… et qui doit en être écarté.
Et pendant que l’on exige soudainement une rigueur réglementaire implacable aux fédérations et à leurs démembrements, une question brûle toutes les lèvres: où était cette rigueur hier? Comment expliquer que des championnats nationaux continuent d’être organisés, validés et financés par l’Etat, alors même que leurs structures organisatrices sont aujourd’hui jugées « non conformes »?

Au fond, la question n’est plus seulement celle de la conformité, mais celle de la cohérence. Et peut-être, de la sincérité du processus en cours. Pendant que certains espéraient la mise en place d’une équipe provisoire et donc écarter Pierre Alain Mounguengui, il n’en a pas été ainsi au grand regret des adversaires de ce dernier.

Par /C. ETOKO, journaliste

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