Election au CNOG: Le CIO recadre sèchement le Ministre des Sports gabonais

Le ton est ferme, la réponse sans ambiguïté. A peine installé à tête du ministère de la Jeunesse, des Sports et la Vie associative, Paul Ulrich Kessany se retrouve déjà confronté à un rappel à l’ordre venu de la plus haute instance du sport mondial.

Après son bras de fer engagé avec la Fédération Gabonaise de Football (FEGAFOOT), le ministre a tenté d’étendre son influence au Comité National Olympique du Gabon (CNOG), en cherchant à peser sur le processus électoral en cours. Une initiative qui n’a manifestement pas du goût du Comité International Olympique (CIO).
Saisi à la fois par le ministère et le CNOG, le CIO a tranché et le moins que l’on puisse dire, c’est que l’arbitrage est clair. Dans un courrier daté du 22 avril 2026, Jérôme POIVEY, responsable des relations avec les Comités nationaux Olympiques, rappelle les fondamentaux: le respect de la charte olympique ne se négocie pas.

Derrière les formules diplomatiques, le message est limpide: les considérations administratives nationales ne sauraient servir de prétexte à une ingérence politique dans le fonctionnement d’une organisation sportive autonome. Le principe de neutralité politique pilier du Mouvement olympique, est ici réaffirmé avec force.

Plus encore, le CIO démonte point par point l’argumentaire du ministère. Le processus électoral du CNOG est non seulement conforme à ses statuts, mais il s’inscrit aussi dans le calendrier réglementaire. Mieux: aucune contestation n’a été soulevée lors des précédents assemblées, y compris celle du 21 avril 2026. Dès lors, difficile de justifier une remise en cause soudaine.

En filigrane, c’est bien la méthode qui est désavouées. Vouloir suspendre ou reporter une élection sans base objective revient, aux yeux du CIO, à franchir une ligne rouge.

La décision est donc actée: L’Assemblée générale élective du CNOG se tiendra le 25 avril 2026, sous l’œil d’observateurs mandatés par le CIO et l’ACNOA. Une manière de verrouiller le processus et d’éviter toute nouvelle tentative d’interférence.

Pour Crésant Pambo, président sortant, c’est une victoire nette. Pour le ministère, en revanche, l’épisode sonne comme un avertissement. Dans l’univers olympique, les règles sont strictes, et leur non-respect expose à bien plus qu’un simple rappel à l’ordre.

Au-delà du cas gabonais, cette séquence rappelle une réalité constante: l’autonomie du mouvement sportif reste en ligne de défense que le CIO n’entend céder sous aucun prétexte.

Partagez cet article