À Abidjan, sous les projecteurs de l’Open International Africain des Sourds de Taekwondo, deux athlètes gabonais ont offert bien plus que des médailles à leur pays. Ils ont rappelé, avec courage et détermination, que le handisport africain regorge de talents capables de rivaliser au plus haut niveau continental.
Engagés dans cette compétition réunissant plusieurs nations africaines, Shatta et Rebecca, représentants du Gabon en taekwondo pour sourds, ont réalisé un parcours remarquable. Au terme d’une prestation saluée par les observateurs, Shatta s’est hissé sur la plus haute marche du podium en décrochant la médaille d’or dans la catégorie des moins de 58 kg, tandis que Rebecca a remporté une précieuse médaille d’argent.

Pour le Gabon, le bilan est parfait : deux athlètes engagés, deux médailles remportées.
Déjà remarqué lors des Jeux Olympiques des Sourds disputés à Tokyo l’année dernière, Shatta confirme ainsi son ascension fulgurante. Avec ce nouveau sacre continental, le jeune champion gabonais s’impose désormais comme l’une des principales références africaines de sa catégorie. Derrière ses performances, il y a des années de travail, de sacrifices et une volonté constante de repousser les limites imposées par le handicap.
Rebecca, de son côté, avait quitté Libreville avec une promesse : revenir avec une médaille. Mission accomplie. Sa médaille d’argent vient récompenser une combattante déterminée, dont le parcours inspire déjà de nombreux jeunes sportifs vivant avec un handicap au Gabon.
Au-delà de l’exploit sportif, cette performance collective met également en lumière les efforts consentis pour accompagner le handisport gabonais. Le déplacement de la délégation à Abidjan a notamment été rendu possible grâce au soutien du ministre des Sports, Paul Ulrich Kessany. Une implication saluée par les responsables sportifs, qui voient dans ces résultats la preuve que l’investissement dans les disciplines paralympiques peut produire des résultats concrets et prestigieux pour le pays.
Les responsables de la délégation ont également tenu à remercier le président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, pour l’appui accordé depuis la période de transition à certains athlètes du handisport gabonais, notamment dans l’accompagnement des compétitions internationales.
Mais derrière les célébrations, un message plus profond émerge : celui de la nécessité pour le Gabon d’investir davantage dans le handisport. Car ces performances, obtenues avec des moyens souvent limités, démontrent le potentiel immense de cette catégorie sportive encore insuffisamment valorisée sur le continent.
À Abidjan, Shatta et Rebecca n’ont pas seulement gagné des médailles. Ils ont donné un visage à la persévérance, à la dignité et à l’excellence silencieuse. Et dans un pays où le handisport cherche encore toute sa place, leur victoire résonne déjà comme un appel à croire davantage en ces champions qui, malgré les obstacles, continuent de faire rayonner le Gabon au-delà des frontières.


