Il y a des mobilisations qui marquent un tournant. Et puis il y a celles qui tournent court. Celle initiée par Remy EBANEGA et la coalition des recalés à l’élection de la Fédération Gabonaise de Football appartient clairement à la seconde catégorie.
Annoncée à grand renfort de déclarations bravaches, cette marche n’aura finalement accouché de rien — sinon d’un rappel brutal à la réalité. Sans autorisation, sans cadre légal, elle ne pouvait connaître qu’une seule issue : l’intervention des forces de l’ordre sous l’égide du Ministère de l’Intérieur du Gabon.
Mais au fond, fallait-il vraiment s’en étonner ? Comment prétendre défendre une cause — aussi légitime soit-elle aux yeux de ses initiateurs — en foulant aux pieds les règles les plus élémentaires ? Cette contradiction en dit long sur la démarche.
Derrière les slogans sur le « 𝑠𝑎𝑢𝑣𝑒𝑡𝑎𝑔𝑒 𝑑𝑢 𝑓𝑜𝑜𝑡𝑏𝑎𝑙𝑙 𝑔𝑎𝑏𝑜𝑛𝑎𝑖𝑠 », c’est surtout une incapacité à accepter les règles du jeu qui transparaît. Disqualifiés dans le cadre du processus menant au scrutin du 18 avril 2026, certains candidats semblent désormais préférer la rue à l’arène institutionnelle. Une stratégie de contournement qui confine à l’impasse.
Car enfin, que propose réellement ce mouvement en dehors de la contestation ? Quelle alternative crédible met-il sur la table ? À ces questions essentielles, le silence est assourdissant.
À force de vouloir exister en dehors des règles, ces acteurs prennent le risque de se marginaliser eux-mêmes. Pire, ils contribuent à installer un climat de tension inutile autour d’un processus électoral qui exige, au contraire, responsabilité et sang-froid.
L’épisode du jour n’est donc pas seulement un échec logistique. Il est le révélateur d’une fuite en avant. Et dans cette dérive, une certitude demeure : sans respect des règles, il n’y a ni réforme possible, ni crédibilité durable.


